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Exercices de Kegel : les erreurs que font la plupart des hommes

Le geste paraît simple, et c'est justement pour ça qu'on le rate. Voici les pièges les plus courants, comment les repérer sur vous, et quoi faire à la place.

Par la rédaction Méthode PC7Publié le 15 octobre 20266 min de lecture4 sources
Les erreurs les plus fréquentes des exercices de Kegel chez l'homme
Illustration : Méthode PC7
L'essentiel
  • Erreur n° 1 : contracter les fesses, les cuisses ou le ventre au lieu du plancher pelvien.
  • Erreur n° 2 : bloquer sa respiration pendant la contraction.
  • Oublier de relâcher est aussi gênant que ne pas contracter : la détente fait partie de l'exercice.
  • En faire trop, trop fort, trop souvent, fatigue le muscle sans le rendre plus efficace.
  • Couper le jet d'urine sert à repérer le muscle une fois, pas à s'entraîner.

Les erreurs les plus fréquentes des exercices de Kegel chez l'homme sont presque toujours les mêmes : contracter le mauvais muscle (fesses, ventre, cuisses), retenir son souffle, ne pas relâcher complètement entre deux contractions, forcer trop et trop souvent, et s'entraîner sans régularité. Aucune n'est grave. Mais chacune peut faire passer des semaines d'efforts à côté de la cible.

Si vous débutez, commencez par notre page exercices de Kegel pour homme, qui présente la méthode dans son ensemble. Ici, on passe en revue ce qui coince le plus souvent, avec un moyen simple de vérifier chaque point sur vous.

Pourquoi un exercice aussi simple est-il si souvent mal fait ?

Le plancher pelvien est un groupe de muscles qu'on ne voit pas et qu'on commande rarement de façon consciente. Ses voisins, eux, sont gros et faciles à mobiliser. Quand on demande au cerveau de « serrer en bas », il prend souvent le chemin le plus court : les fessiers ou les abdominaux.

Le rôle de ces muscles n'est pourtant pas anecdotique. Une revue des essais randomisés rappelle qu'ils soutiennent le contenu de l'abdomen, participent à la respiration, à la continence et à l'activité sexuelle, et que leur faiblesse est associée à des fuites urinaires et à des troubles de l'érection (Dorey, 2005). Bien faire le geste a donc du sens.

Autre difficulté : beaucoup d'hommes apprennent sur des vidéos. Une étude turque a analysé les 60 vidéos YouTube retenues parmi les 100 premiers résultats pour « Kegel exercises ». Selon les grilles d'évaluation utilisées, 60 % étaient de bonne qualité, et les meilleures venaient de professionnels de santé non médecins. Le nombre de vues et de « j'aime » n'avait en revanche aucun lien avec la qualité (Gunay et al., 2025). Autrement dit, la vidéo la plus populaire n'est pas forcément la plus juste.

60 %
des 60 vidéos YouTube analysées sur les exercices de Kegel ont été jugées de bonne qualité. Les 40 % restantes, non, et la popularité d'une vidéo ne disait rien de sa fiabilité.Étude transversale, une seule plateforme et un seul mot-clé (Gunay et al., 2025).

Les 8 erreurs à repérer, et comment les corriger

1. Contracter les fesses, les cuisses ou le ventre

C'est de loin la plus courante. Vous sentez un effort, vous montez légèrement sur la chaise, les genoux se rapprochent. Le plancher pelvien travaille peut-être un peu, mais ce sont surtout les gros muscles qui font le travail.

Pour corriger, posez une main sous une fesse et l'autre sur le ventre. Contractez. Les fesses doivent rester molles et le ventre presque immobile. Le bon repère, chez l'homme, c'est la base du pénis qui remonte un peu et les testicules qui se soulèvent légèrement. Notre guide pour trouver le muscle PC détaille ces repères.

2. Retenir sa respiration

Bloquer l'air en serrant est un réflexe d'effort. Le problème, c'est que la pression monte dans l'abdomen et pousse vers le bas, exactement à l'inverse de ce qu'on cherche. Comptez à voix haute pendant la contraction : si vous pouvez parler, vous respirez.

3. Ne pas relâcher complètement

Beaucoup d'hommes enchaînent les contractions sans jamais revenir vraiment au repos. Le muscle reste à moitié serré, se fatigue, et l'on perd la sensation du contraste. Relâchez au moins aussi longtemps que vous avez contracté. Si la détente vous paraît difficile, lisez notre article sur le Kegel inversé et le relâchement.

4. Serrer trop fort

Plus on force, plus les muscles voisins s'en mêlent. Au début, visez une contraction à mi-force, précise et propre. La puissance viendra ensuite, si elle doit venir.

5. En faire trop, trop vite

Des centaines de contractions par jour ne rendent pas l'entraînement plus efficace. Un muscle fatigué se contracte moins bien et peut devenir inconfortable. Mieux vaut quelques séries courtes et bien faites, réparties dans la journée.

6. S'entraîner en coupant le jet d'urine

Arrêter la miction une ou deux fois aide à identifier la sensation. En faire un exercice quotidien n'est pas recommandé, car cela perturbe la vidange normale de la vessie. Entraînez-vous vessie vide, en dehors des toilettes.

7. Toujours dans la même position

Allongé, c'est plus facile, et c'est parfait pour commencer. Mais le plancher pelvien sert surtout quand vous êtes assis, debout ou en mouvement. Une fois le geste acquis, passez progressivement à ces positions.

8. Manquer de régularité

Faire trois séances un lundi puis plus rien pendant dix jours ne permet pas au muscle de s'adapter. Les essais qui ont étudié l'entraînement du plancher pelvien chez l'homme l'ont suivi sur plusieurs mois, pas sur quelques jours. Associez vos séries à un moment fixe : le café du matin, le trajet, le brossage des dents.

Comment vérifier que vous faites le bon geste ?

Avant de multiplier les séries, prenez deux minutes pour contrôler votre technique. Voici une vérification simple, à refaire de temps en temps.

  1. 1
    Installez-vous

    Allongé sur le dos, genoux pliés, pieds à plat. Une main sur le ventre, l'autre posée sur le haut de la cuisse.

  2. 2
    Contractez à mi-force

    Imaginez que vous retenez à la fois un gaz et une envie d'uriner. Serrez doucement, vers l'intérieur et vers le haut, pendant trois secondes.

  3. 3
    Contrôlez les voisins

    Le ventre bouge à peine, la cuisse reste détendue, les fesses ne se soulèvent pas. Vous continuez à respirer normalement.

  4. 4
    Relâchez entièrement

    Laissez le périnée redescendre, sans pousser. Restez au repos au moins trois secondes, jusqu'à sentir que tout est souple.

  5. 5
    Recommencez

    Faites une petite série. Si la qualité baisse, arrêtez-vous : c'est le signe que le muscle fatigue.

3
Essayez maintenant8 contractions guidéesSerrez 3 s, relâchez 3 s, en respirant normalement.

Tableau récapitulatif des erreurs

ErreurSigne qui doit alerterCe qu'il faut faire
Mauvais muscleFesses serrées, genoux qui se rapprochentMains sur les fesses et le ventre, contraction plus douce
ApnéeVous ne pouvez pas parler pendant la contractionCompter à voix haute
Pas de relâchementSensation de tension permanenteRepos au moins égal à la contraction
Trop de forceTremblements, effort du ventreRester à mi-force au début
Trop de volumeFatigue, gêne, contractions de moins en moins nettesSéries courtes, réparties dans la journée
Jet d'urine coupéExercice fait aux toilettesUne ou deux fois pour repérer, pas plus
Position uniqueFacile allongé, impossible deboutAjouter assis puis debout progressivement
IrrégularitéSéances au hasardUn moment fixe chaque jour

Pousser au lieu de serrer : une erreur à part

Certains hommes, en voulant « contracter », poussent vers le bas comme pour aller à la selle. Le mouvement est alors inversé. Le test du miroir aide : si la base du pénis descend ou si le périnée bombe, vous poussez. Recommencez plus doucement, en pensant à aspirer vers le haut.

Ce n'est pas un détail. Un urologue américain, dans une revue consacrée aux applications pratiques de l'entraînement du plancher pelvien chez l'homme, insiste sur la variété des situations où il peut aider (fuites après chirurgie de la prostate, gouttes après la miction, troubles de l'érection ou de l'éjaculation) mais aussi sur les douleurs pelviennes liées à un spasme musculaire (Siegel, 2014). Un geste mal compris peut donc compliquer les choses au lieu de les simplifier.

Bon à savoir
Quand consulter : une douleur pendant ou après les exercices, une gêne pelvienne qui dure, des fuites qui apparaissent brutalement, du sang dans les urines ou une difficulté à uriner justifient un avis médical. Un kinésithérapeute formé à la rééducation périnéale peut aussi vérifier votre contraction. Les résultats de l'entraînement varient d'une personne à l'autre.

Combien de temps faut-il pour bien maîtriser le geste ?

Il n'y a pas de délai fixe. Certains sentent le bon muscle dès le premier essai, d'autres ont besoin de plusieurs jours. Ce qui compte, c'est la qualité de chaque contraction, pas le nombre. Dans l'essai randomisé de Dorey, mené chez 55 hommes ayant des troubles de l'érection, l'entraînement était encadré par une professionnelle et associé à un biofeedback, avec des évaluations à 3 puis 6 mois (Dorey et al., 2004). C'est un repère utile : on parle de mois, avec un accompagnement, pas de quelques jours d'exercice.

Une fois votre technique propre, suivre une progression structurée aide à rester régulier. Notre programme de Kegel sur 4 semaines propose un point de départ simple, à adapter à votre rythme.

Une contraction à mi-force, bien placée et suivie d'un vrai relâchement vaut mieux que cent contractions des fesses.

Questions fréquentes

Quelle est l'erreur la plus fréquente dans les exercices de Kegel chez l'homme ?

Contracter les fesses, les cuisses ou le ventre à la place du plancher pelvien. Le bon repère est la base du pénis qui remonte légèrement, sans que les fesses se serrent.

Faut-il retenir sa respiration pendant un Kegel ?

Non. Bloquer l'air augmente la pression dans l'abdomen. Respirez normalement, ou comptez à voix haute pendant la contraction pour vérifier que vous ne bloquez pas.

Peut-on faire trop d'exercices de Kegel ?

Oui. Trop de contractions, ou des contractions trop fortes, fatiguent le muscle et peuvent créer une gêne. Mieux vaut quelques séries courtes et bien faites.

Est-ce grave de s'entraîner en coupant le jet d'urine ?

Le faire une ou deux fois pour repérer le muscle ne pose pas de problème. En faire un exercice régulier n'est pas recommandé, car cela perturbe la vidange de la vessie.

Comment savoir si je pousse au lieu de serrer ?

Devant un miroir, si la base du pénis descend ou si le périnée bombe, vous poussez. Le bon mouvement remonte, vers l'intérieur et vers le haut.

Quand faut-il consulter ?

En cas de douleur, de gêne pelvienne persistante, de fuites soudaines, de sang dans les urines ou de difficulté à uriner. Un médecin ou un kinésithérapeute spécialisé peut vous orienter.

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Répondez à quelques questions sur votre point de départ et recevez un plan d'entraînement progressif, adapté à votre niveau. Les résultats varient d'une personne à l'autre.

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La rédaction Méthode PC7

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